Yaëlle David, 33 ans, réalisatrice Israélienne

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Lesbiennes du Monde, Yaëlle David

Pour débuter la toute nouvelle rubrique Lesbiennes du Monde, nous vous emmenons en dans l’univers de Yaëlle…

Yaëlle naît à Paris et grandit en France avant de poursuivre des études audiovisuelles à New York. En 2007, elle quitte défnitivement l’Hexagone pour l’Israël sur un coup de tête, où elle se construit une nouvelle identité culturelle, mais également sexuelle, en rencontrant la musicienne Aya Shwed. Ensemble, elles vont réaliser un documentaire autobiographique sur le coming-out au sein d’une famille juive conservatrice. « Nous avions commencé à filmer des interviews de personnes qui sortent du placard, mais pas uniquement dans le domaine de l’orientation sexuelle », explique la réalisatrice. « Chacun a ses secrets, et en décidant de les révéler connaît les mêmes difficultés que les homosexuels qui se dévoilent à leurs proches. » Tout en continuant ce projet socio-artistique devenu le site comingout.co.il, et afin d’aider les parents à mieux comprendre leurs enfants et leur laisser la liberté de vivre leur homosexualité, elles décident de filmer la propre histoire de Yaëlle, qui se heurte face à un mur d’incompréhension au sein de sa famille. « Je suis retournée à Paris pour annoncer à mon père et à ma mère que je sortais avec une femme. Ils ont très mal réagi ; ils rêvaient plutôt pour leur fille d’un mariage pure tradition, en robe blanche avec cinq cents invités… », se souvient-elle.

Choqués, ils ont coupé les ponts. Jusqu’à ce qu’ils apprennent le projet du film par un article paru sur Ynet, le premier portail d’information d’Israël. « Cette période de ma vie a été chaotique. Mais même si aujourd’hui je pense que ça aurait pu se passer autrement, je n’ai pas de regrets, car ce projet a aidé beaucoup de personnes. C’était très gratifiant de voir des parents venir me remercier après les projections ou de recevoir des lettres d’encouragement. » La première mouture, « Please love » est un documentaire de 40 minutes, qui reçoit le premier prix au Tel Aviv’s International LGBT Film Festival de 2011, ce qui les encourage à continuer à filmer. En 2012 sort le long-métrage « Home is you », dont le titre tiré d’une des chansons d’Aya Shwed, fait référence aux interrogations constantes des deux femmes de culture, langue et personnalités différentes : « où est notre chez nous, notre maison ? ».

Si la jeune productrice a été profondément marquée par son histoire personnelle, elle en ressort grandie. Elle réside toujours en Israël, son pays de cœur, où en plus de son activité de webdesigner artistique, elle vient de créer un nouveau concept d’exposition d’art dans des maisons en vente, casanovart.com. Car malgré un conservatisme religieux très fort, « au point de vu législatif, l’Israël est un pays très ouvert pour les homosexuels » affirme Yaëlle. Beaucoup de célébrités ainsi que certains politiques ont fait leur coming-out et sont acceptés. Comme beaucoup, nous nous sommes mariées au Canada et avons fait valider ensuite notre union par le Ministère de l’Intérieur israélien. L’adoption par les couples de même sexe est autorisée. Dans le cadre d’un couple lesbien, si la mère biologique fait appel à une banque de sperme, l’autre peut adopter l’enfant. Tel Aviv est l’une des villes les plus gayfriendly au monde ! Et si le reste du pays est moins ouvert, ça progresse à grand pas », se réjouit l’Israélienne. « Ici, les festivités à l’occasion de la GLBT Pride durent tout le mois de juin ! Il y a le festival de films, des conférences – le drapeau rainbow est sur toutes les devantures de magasins… Il faut venir ! »

Synopsis « Home is you » : Aya, musicienne âgée de 32 ans, débordante de confiance et de liberté fait la connaissance de Yaëlle, 29 ans, artiste graphiste venue en Israël et issue d’une famille conservatrice française. Les deux femmes tombent amoureuses l’une de l’autre. Leur vie dans leur cocon, leur appartement de Yafo à Tel Aviv en Israël, est imprégnée par la création : la musique, les performances, les arts, tout s’y mêle. Cette histoire d’amour tourne au drame familial lorsque Yaëlle décide de révéler son homosexualité à ses parents. Yaëlle coupe les ponts avec sa famille qui ne l’accepte pas. Le jeune couple décide de se rendre à Toronto pour se marier. Mais Yaëlle commence à souffrir d’une dépression aigüe après mariage. Elle a du mal à se retrouver face à sa propre identité, et se retrouve en porte-à-faux vis-à-vis de sa culture d’origine et de sa famille.

Le documentaire « Home is you » est un portrait intime et courageux, troublant par sa sincérité, et sa vérité.

C’est un appel à la liberté, un voyage émouvant qui confronte la lutte pour l’acceptation de soi, de l’autre, et l’amour entre deux personnes de même sexe.

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